Maï pleure, comme elle pleure chaque soir. À trois ans, elle semble avoir déjà tout saisi de l’abîme dans lequel plonge sa mère, et de la douleur amère qui rythme notre fuite. Certes, ici, nous sommes toujours en Asie, mais ce n’est déjà plus la même. Huit cent soixante-deux kilomètres seulement nous séparent de Saïgon qui, désormais, n’existe plus, et nous sommes en terre étrangère. Nous avons tout laissé derrière nous, lorsque notre monde s’est effondré.
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